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L’Automne en Musique

Le 22 septembre, le soleil frappera moins fort sur nos peaux déjà bronzées, les pleures des amours de vacances finiront par sécher et
comme tous les autres, nous retournerons travailler.
L’automne est arrivé.
La saison de l’automne est trop souvent perçue comme mélancolique voire austère. Pourtant l’automne est une saison qui a du caractère,
c’est le temps des feuilles mortes, du vent et de la pluie, d’un soleil malade à la recherche de ses rayons d’origine. L’automne
c’est aussi la saison des rencontres, on entre dans une nouvelle année, scolaire ou professionnelle, on quitte son école, son lycée, son
travail pour changer sa vie et son mode de fonctionnement. Mais alors que vous lisez ses lignes, l’automne est déjà encré dans votre
quotidien, vous le ressentez sans le voir mais il est bien présent.
Alors, pour vous aider à supporter cette saison épuisante, bien que passagère, l’équipe de la rédaction de la FNAC a décidé de vous
offrir sa playlist : « Automne En Musique ». Précédemment, nous évoquions le fait que la saison de l’automne était une saison de
rencontre. Alors, pour bien débuter la rentrée nous vous avons débusqué cinq rencontres, cinq albums que nous avons écoutés et qui
ont éveillé chez nous un certain intérêt tant sur le plan musical que sur le plan artistique. Près de 5 heures de musique pour passer
vos dimanches avec la bande son de la fin de l’été.
Tout au long de cette playlist, vous découvrirez cinq albums. Certains sont français, d’autres en anglais et vous pourrez même chantonner
sur quelques paroles en créoles. Notre sélection se veut être éclectique mais interactive, nous voulons que vous ressentiez
certaines émotions durant l’écoute de ces albums : De la joie sur « Ice Cream » de Marsalis et Clapton, des larmes sur « Hors Saison
» de Cabrel mais aussi un certain repos psychique sur « True Love Waits » de Radiohead. Il ne vous reste donc plus qu’une seule
chose à faire : passez à la caisse, rentrez chez vous au chaud, servez-vous un verre et branchez votre sono pour partir en voyage avec
l’automne et sa musique.
Bonne écoute !

 

A Moon Shaped Pool : Radiohead

 

https://www.youtube.com/watch?v=Ew644hgD7ok

 

Toujours très polyrythmique et aux textures électroniques typiques de la maison ; l’album aux allures de soundtrack est un ensemble des plus
orchestrés. Très expansif dans sa structure l’album regorge de morceaux d’une parfaite élégance telle que : “The Numbers”, “Tinker Tailor”. Ce
dernier faisant parfois penser à la musique d’un compositeur comme John Barry. Entre guitares aériennes et parties de cordes épiques notamment
sur “Burn The Witch”, les thèmes abordés dans l’album sont très profonds et traitent de l’incommunicabilité entre les Hommes, même du
néo-paganisme, etc. Radiohead garde donc sa force principale, un voyage sensoriel à chaque création, une perpétuelle évolution musicale, on ne
peut pas comparer ce groupe à un autre car il n’existe qu’un seul groupe capable d’une telle harmonie jubilatoire dans la musique, c’est une bête
sauvage et féroce, contrôlée par un chanteur fou, le grand Tom York. Cet album est pour moi une sorte de requiem mélodramatique, requiem
qui nous renvoie à une ambiance aigre et mélancolique. Le premier morceau « Burn The Witch » commence assez agressivement par une multitude
de violons qui lancent le voyage, on assiste alors à l’équilibre parfait des cordes et de la musique électronique, on croirait marcher sur un
fil incassable. L’album s’ensuit de morceaux, virevoltant d’instruments complètement fous que nous n’aurions jamais imaginé entendre dans un
album comme celui-ci.

 

 

Play The Blues : Wyton Marsalis / Eric Clapton

 

https://www.youtube.com/watch?v=1cBdEteQGQg

 

Qui, un jour aurait pu croire que le roi du blues anglais et le trompettiste américain le plus influent du 21ème siècle formeraient un duo le temps
d’une nuit où la grande musique n’aurait comme limite que le bout de la salle ? Marsalis arrive sur scène et salue le public. Durant ce moment et
cette soirée, une seule phrase sortira de sa bouche : « Ce spectacle est une célébration du pouvoir international du blues ». Clapton est déjà là et
il ne semble pas totalement à son aise. Il a beau être un des plus grands guitaristes au monde, jouer avec les six meilleurs musiciens du Lincoln
Center semble quelque peu l’intimider. Ce qu’il y a de grandiose dans ce concert, ce n’est pas tant l’alchimie musicale entre ces huit musiciens
mais plutôt le regard des uns sur les autres. Un très grand et très agréable moment. On peine à retrouver ses esprits devant le talent inimaginable
réuni sur ce disque. Quelle élégance. On ne peut rêver mieux. Justement, si ! Clapton monte le son de guitare et envoie un solo très clair et sobre.
À ce moment précis, le réalisateur tourne la caméra et on peut alors apercevoir le regard de Marsalis qui est au bord des larmes : la précision
rythmique et technique de Clapton n’y est sans doute pas pour rien. À son tour, tel un dialogue question/réponse entre les musiciens, il chope sa
trompette et comme précédemment, Clapton reste lui aussi bouche bée devant le talent de Marsalis. C’est beau, c’est puissant, jouissif et ça dure
pendant plus d’une heure. Alors, que demander de plus ?

 

RY X : DAWN

 

https://www.youtube.com/watch?v=k62IZUucXc0&list=PLYL8RzIrFivBoLRDHQBKgPFmvup-45GG9

 

L’amour fou.
Il est difficile de ne pas succomber au charme fou de RY X, l’australien à la voix grave suave nous offre un album d’une puissance sans nom,
chaque morceau est comme un coup de hache dans nos petits cœurs. Dès le début de l’album, on est accueilli par une symphonie de violon qui
nous emporte dans un univers pop folk indé dont on ne voudrait jamais sortir, c’est une ambiance crépusculaire, une basse fait son apparition,
puis un son très clair fait deviner une guitare acoustique et un piano pour enfin laisser place au meilleur, au septième ciel : la voix ! RY X n’a pas
une voix, c’est encore autre chose, c’est une utopie, un rêve.
Le seul bémol que nous pouvions ici évoquer aurait été la lenteur de cet album, parfois trop lourd, voire soporifique. Malgré ça RY X est toujours
dans son style et il le maitrise, ce bémol se transforme donc en un éloge de la lenteur, l’allégresse et la mélancolie des titres apparaisse finalement
pour nous comme un moment contemplatif, on s’enfonce dans les ténèbres mais ces ténèbres sont lumineux.
Un album complètement dingue à écouter et à réécouter encore et encore, le charme ne se perdra pas et ça c’est fort.

Johnny Cash : The Man Comes Around

 

https://www.youtube.com/watch?v=HC_vxYDZkLc&list=PLiN-7mukU_RGMjeWBlpbZP5y3sjPYeymN

 

Comment passer la saison de l’automne sans arborer un à plusieurs albums folk/country ?
Johnny Cash est un maitre, le roi, un dieu parmi les hommes, Leonard Cohen disait de sa voix, qu’elle était si grave, si profonde qu’elle effraierait
le diable lui-même.
En 1994, « l’homme en noir » croise la route du célèbre producteur Rick Rubin avec qui il relancera sa carrière. Durant 10 ans, les deux hommes
vont travailler ensemble sur six albums intitulés « American Recording », des compilations où Cash réinterprètera des classiques de la musique
rock et du blues (U2, Depeche Mode…). L’album choisi est le quatrième « American Recording », intitulé « The Man Comes Around », le dernier
de son vivant car le chanteur quittera ce monde quelques mois plus tard.
Parlons donc de cet album, un classique parmi les classiques. Une certaine atmosphère noire mais reposante vient envahir nos oreilles, on est
littéralement transporté dans l’univers polyphonique de Johnny Cash. Il chante des grands classiques (« Personnal Jesus » de Depeche Mode, « In
My Life » des Beatles…), et arrive pratiquement à nous faire oublier les versions originales, sa voix suave et esquintée par une vie trop excessive
retentie dans chaque intonation lyrique. Un album cultissime, maitrisé du début jusqu’à la fin, une heure de bonheur qui nous rappelle combien
ce chanteur avait de talent.

 

Francis Cabrel : Hors-Saisons

 

https://www.youtube.com/watch?v=GG5xRVBx_SE

 

Parler de l’automne à travers la musique fait souvent résonner le nom de Francis Cabrel, chanteur et compositeur aux multiples tubes et nombreux
albums. En 1999, le chanteur sort son dixième album studio « Hors Saison ». Lorsque que Cabrel chante, il n’y a rien à faire, seulement
écouter et profiter de ses mélodies mêlant à la perfection le blues et le folk. Pendant que certains artistes s’efforcent à expliquer le sens de leurs paroles,
celles de Cabrel coulent de sources et nous rassurent, nous protègent nous captent. À travers cet album le chanteur originaire du Sud-Ouest
nous livre ses ressenties et ses inquiétudes sur le monde dans lequel nous vivons. Dès le premier titre : « Le Monde Est Sourd » Cabrel relate les
méfaits d’une société où règne l’argent et la disgrâce : Notre société.
Par la suite, le chanteur roule les caisses claires et fait sonner sa guitare langoureuse et électrique au ton de son accent du sud, les morceaux
s’enchainent et le temps s’arrête, on est aspiré par la spirale « Cabrelienne », on danse, on chante, on pleure et on retombe amoureux de ces textes
mélancoliques qui ramènent à notre insu, des souvenirs infinis.
Le dixième titre est le plus marquant, il parle justement de la saison de l’automne dans les stations balnéaires (Hossegor, Ile de Ré…), « Et le courrier
déborde au seuil des pavillons, on doit être hors saison ». Le chanteur parle du vide des villes de la côte à la fin de l’été quand les vacanciers
quittent leurs résidences secondaires et que les villes deviennent désertes. Ce texte magnifique devient une image, on s’imagine marchant dans
des allées sombres où personne ne s’aventure après le mois de septembre, on vit littéralement le texte, bercé par la mélodie du piano.

 

Bernard Lavilliers : Carnets de bord

https://www.youtube.com/watch?v=CIIAqFZ24GM&list=PLxNbyPGsTml_c3YZisqa1XijPuLWJrUyq

 

Ah les voyages… Tout au long de sa carrière, le chanteur stéphanois Bernard Lavilliers a parcouru le monde et ses diverses contrées à la
recherche d’un nouveau son, d’une nouvelle culture, un style à partager. En 2001, le chanteur a traversé les terres et les océans direction les
Etats Unis, la Jamaïque et Cuba. À travers ce périple Lavilliers a composé un album intitulé « Carnet De Bord », une fresque musicale qui nous
plonge dans divers univers sonores.
On quitte la France avec le titre « Voyage » et cette phrase qui revient sans cesse « C’est pas moi qui ai fait les voyages, c’est les voyages qui
m’ont fait », un titre dansant au rythme de la salsa brésilienne qui lance énergiquement l’album. Par la suite, le duo somptueux avec Césaria
Evora dans « Elle chante » qui encore une fois que Lavilliers est capable de grandes choses. L’enchantement continue avec « l’Eté » bourré de
références à Rimbaud et Baudelaire, amour fugace sur une plage exotique en été. Tout l’album n’est que richesse musicale et plaisir auditif, accessible
et attachant Lavilliers nous pousse à la poésie à travers ses textes fabuleux et ses métaphores de musicologue avec la chanson « Guitar
Song » où le chanteur parle de sa première guitare comme de son premier amour.
Alors, si vous êtes en manque de voyages, de plaisirs et de beauté, branchez votre platine et partez à la découverte de cet album étincelant au
rythme d’accords 7ème .

 

A bientôt sur RefrainS.

 

A

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