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[Chronique] Serge Gainsbourg – Love On The Beat (1984).

Nous revenons aujourd’hui sur l’album Love On The Beat de Serge Gainsbourg. Controversé à sa sortie pour le duo avec sa fille “Lemon Incest”, Ce disques est l’avant-dernier enregistré par “l’homme à la tête de chou” et fait partie des incontournables de sa discographie.
Entre atteintes aux bonnes mœurs et variations classiques de qualité, l’album a tout pour plaire et déplaire en même temps.

Du Reggae au Rock.

Love On The Beat fait suite au second album de Reggae de Gainsbourg : Mauvaises Nouvelles des Étoiles. Il souhaite réaliser un album aux sonorités brutes tout en gardant la couleur sonore des années 1980. L’artiste fait appel pour se faire, à des musiciens américains comme Billy Rush et se lance dans ce projet. Il l’enregistre au mois de juin 1984 dans les studios House Of Music dans le New Jersey.

Une Controverse Inévitable.

Résultat de recherche d'images pour "Lemon Incest"En ce qui concerne la provocation et l’atteinte aux bonnes mœurs (parfois de manière plus ou moins subtile) Serge Gainsbourg est coutumier du fait. Que ce soit en faisant chanter à la jeune France Gall “Les sucettes”, en traitant Catherine Ringer de “pute” en direct à la télévision ou bien sous les yeux d’un Michel Drucker gêné en balançant à Whitney Houston un “I want to fuck you”…
Nous pouvons voir en Love On The Beat un condensé d’obscénités présenté dans un écrin de velours.
La sexualité est omniprésente dans l’album et ce, sous sa forme la plus violente et la plus dérangeante pour les puritains…
Mais outre les enregistrements d’orgasmes de sa compagne Bambou ou bien les références à ses expériences homosexuelles choquant à l’époque la bien-pensance, l’artiste signe un duo avec sa fille Charlotte sur un morceau intitulé “Lemon Incest” qui fera scandale.
La chanson parle de l’amour entre un père et sa fille mais Gainsbourg laisse cependant planer une dose d’ambiguïté sur la nature de cette relation.
Mais laissons de côté l’aspect textuel.

De l’Art Mineur à l’Art Majeur.

Malgré l’image d’un artiste débauché que renvoyait “Gainsbarre”, l’homme n’en demeurait pas moins un être lettré et cultivé. Il développe ainsi une théorie intéressante sur la place de la chanson dans l’art.
Dans l’émission de Bernard Pivot “Apostrophes”, Gainsbourg classe l’art en deux parties : l’art majeur et l’art mineur.
Dans la première catégorie se range l’architecture, la danse, la peinture, la musique classique en soi tout les arts nécessitant selon lui une “initiation”.
Il range donc le reste, dont une partie de son œuvre dans l’autre catégorie.
Il est important de considérer le point de vue de Gainsbourg pour comprendre l’album car une partie de ses morceaux sont en fait des morceaux de musiques classiques réarrangés sur lesquels l’artiste a posé son texte et un nouvel instrumental.

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Gainsbourg, Louis Chedid et Guy Béart (dans le fond) chez Bernard Pivot.

C’est par exemple le cas de “I’m the Boy” reprenant une partie du “Sacre du Printemps” d’Igor Stravinsky ou par exemple de “Lemon Incest” reprenant l’Étude No 3 en Mi Majeur Op. 10, ou “Tristesse” de Chopin.
On trouve cependant des compositions originales de grande qualité comme le merveilleux “Sorry Angel” ou bien le titre “No Comment” basé sur un instrumental Funky des plus incroyables.
Notons également la référence à son tube “Harley Davidson” offert à Bardot avec la présence dans l’album de “Harley David (Son Of A Bitch) dans lequel les guitares grondent tel un moteur de moto.

Une Charogne.

Outre les nombreuses références à Verlaine ou Rimbaud dans ses textes, permettons-nous de reprendre Baudelaire pour désigner l’album.
Dans les Fleurs du Mal, le poète rédige “La Charogne” dans lequel ce dernier décrit sous un angle imperceptible la beauté d’un cadavre.
Il faut écouter Love On The Beat sous le même angle en donnant plus d’importance à l’enveloppe structurelle qu’aux idées soulevées ici pour choquer.

À bientôt sur RefrainS.

T.

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Published in Chroniques

One Comment

  1. Non Non

    Je me souviens vaguement de cette année 1984 (j’avais 8 ans à l’époque) et de la sortie de cet album. Les journalistes étaient à la fois en extase et en horreur de ce qu’était devenu le “nouveau Gainsbarre”: une sorte d’attraction-répulsion. Très bizarre. Par ailleurs, on aurait dit que la France entière était “sous la chape de plomb” de l’album, tant celui-ci a fait grand bruit : en effet 1984 /1985 était deux années où Gainsbourg avait pris toute la place dans les media : on le voyait partout, on voyait aussi partout cette pochette de William Klein : dans les abribus, sur les affiches dans la rue, etc.
    Autant que 1982/ 1983 furent les années “Thriller”, 1984/1985 furent les années “Love on the beat”.

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