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[Chronique] Cass McCombs – Tip Of The Sphere (2019).

Sur son neuvième album, ce leader réservé incorpore des références au Rock plus classiques que d’habitude et pose le cadre pour les subtilités et les surprises.

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Illusion d’optique.

Cass McCombs est un homme ouvert sur sa tendance à emprunter auprès de ses prédécesseurs : “J’aborde toujours ma propre musique en tant qu’auditeur de la musique des autres”, a-t-il confié à la Red Bull Music Academy en 2017, plusieurs mois après la sortie de son dernier album, Mangy Love. “Ma musique est une réponse à la musique que j’aime”. Sur Tip Of The Sphere, il semble explorer une collection de disques. Les références sont très présentes. Elles sont évidentes. Du piano à la Elton John qui ouvre “Absentee” au palpitant “American Canyon Sutra”, qui rappelle Lou Reed avec son intonation à la fois parlée et sobre, ces chansons parlent à travers les voix familières du classique. “The Great Pixley Train Robbery” est une chanson narrative digne de Dylan et “Estrella”, démontre un travail de guitare complexe suggérant même Richard Thompson. “Sleeping Volcanoes” pourrait avoir été perdue dans la discographie de Warren Zevon.

Les références émoussées et les échos clairs peuvent vous amener à penser que cette musique n’est pas originale. Mais McCombs et son groupe utilisent l’évident comme une sorte de feinte. À travers des détails fins et des interruptions soudaines, ils révèlent des couches et des torsions cachées. “Real Life”, par exemple, ressemble initialement à une de ces chansons classiques issues du Folk. Mais à la dernière minute, il accélère, alors que des tambours se réveillent et dansent soudainement, transformant la chanson en une chose étrange, nouvelle et merveilleuse.

Nous sommes en présence d’un album plus lourd que Mangy Love. Les chansons sont un labyrinthe rythmique comme si elles étaient entraînées par une brise toujours changeante. L’interaction guitare/basse sur les morceaux les plus rythmés du disque, tels que “Train Robbery” ou “Rounder”, rappelle même l’énergie partagée par des tandems légendaires, comme Townshend et Entwistle, ou Duane Allman et Berry Oakley. La voix de McCombs est également devenue aussi aiguë que n’importe quel instrument, cristallin et tremblotant dans “Prayer For Another Day”, avant de basculer immédiatement dans un registre plus grave et pressant sur “American Canyon”.

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T’as de beaux yeux tu sais…

Il serait trop réducteur de réduire McCombs à une simple catégorie. Mais McCombs n’a jamais vraiment consacré trop d’énergie à sa propre légende ou à la façon dont il est perçu. Il développe ses idées. Mais il ne parle pas seulement de lui-même. Il s’efface derrière sa musique. À l’aube de ses cinquante ans, le fait que McCombs ne se soit jamais défini lui-même semble clairement jouer en sa faveur, rendant possible de le voir aussi familier, comme une vieille connaissance qu’on retrouve. Tip Of The Sphere rejette à nouveau la facilité et une fois de plus, la qualité est au rendez-vous.

À bientôt sur RefrainS.

C.

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Published in Articles Chroniques

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