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[Chronique] Black Mountain – Destroyer (2019).

Successeur de IV, le nouvel opus destructeur et délibérément heavy du groupe Black Mountain a été lâché dans la nature. Chronique contre vents et marées… Précision : c’est une fois de plus signé chez les excellents copains du label Jagjaguwar, alors, un conseil, montez le volume.

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Les forces de la nature en puissance…

Écouter un nouvel album consiste à jouer au détective avec la musique : chaque accord un indice, chaque parole une clé, pour arriver à la vérité du message. Destroyer, le dernier trésor de la société canadienne de Rock Black Mountain est tout sauf à tiroirs. C’est direct, lourd, croustillant et percutant avec huit pistes sous le signe des cornes du diable. “Future Shade”, “Horns Levant”, “Licensed To Drive”, “High Rise”… Pour tout rocker qui se respecte, l’album est un régal, mais il est impossible de résister à l’envie d’une petite interprétation. Quel genre d’apocalypse Stephen McBean nous décrit-il dans ses chansons ?

En réalité, et même si la forme, c’est le fond qui remonte à la surface, le leader derrière son micro ne fait que chanter pour obtenir son permis de conduire et rendre hommage à sa voiture.

Mais il y a de la beauté dans l’absurde, ainsi que de la nostalgie. Ce n’est pas le genre d’artiste qui s’appuie sur une appropriation libérale du travail d’autrui, mais le genre honnête qui nourrit l’imagination. La nostalgie Destroyer est personnelle. Certes, 2017 n’est pas si lointaine dans le passé, mais pour McBean, c’est un repère important dans la vie, et même quelque chose d’aussi banal que l’acquisition d’un permis de conduire vaut la peine d’être célébré avec un Rock’n’Roll flou, déformé et complètement méchant. Destroyer commence à frapper avec la première piste et ne s’arrête jamais; le ton pourrait changer, mais le désir de l’auditeur de piétiner l’accélérateur sur la route ne cesse pas.

Les influences réelles ou supposées de Black Mountain sont solides : Black Sabbath, AC/DC, Pink Floyd et même un peu de Metallica, mais il n’y a jamais un moment où la frontière entre “influence” et “imitation” est franchie. Black Mountain suit les traces de leurs idoles non pas en élevant leurs sons sans vergogne, mais en les intégrant dans leur esthétique personnelle. Vous entendrez le sabbat parce que Black Mountain est comme le groupe, pas parce qu’ils ont entendu “Iron Man” et ont pensé que ce serait une bonne idée de le copier pour leur propre compte. Destroyer est un travail tellement spécifique, si intrinsèquement lié à la vie de McBean, qu’il évite le plagiat.

Bien sûr, il est nécessaire, presque traditionnel que le disque soit plus calme au moment où “Future Shade” commence à passer à travers les haut-parleurs. La plupart des adolescents rêvent d’être récompensés d’avoir le droit de conduire 16 ans. Parmi ces adolescents, un pourcentage sain rêve probablement aussi de monter sur scène et de frapper des accords puissants alors que les masses rassemblées tremblent. “Future Shade” se joint à ces deux fantasmes adolescents distincts comme une charnière, un superbe mariage entre le désir de liberté personnelle que confère une voiture et le désir d’épater une foule avec du Hard Rock musclé et en sueur. La chanson, et l’album au complet, recrée les jours de gloire optimistes et anarchiques de l’adolescence pour les auditeurs au lieu de simplement raconter ces jours. Nous sommes dans l’ambiance.

Destroyer, ce ne sont pas que des riffs et des arrangements rapides. “Future Shade” cède la place à “Horns Arising”, une chanson au tempo flirtant avec le Metal pour ensuite reprendre le rythme avec l’espace infusé “High Rise” avant de passer à “Pretty Little Lazies”, un titre qui annonce fièrement comment composer un grand morceau. Considérez ces pivots comme un éventail des inspirations variées de Black Mountain et un abandon des nombreuses façons dont une playlist de voyage peut être écrite pour mieux apprécier le voyage.

Il y a donc beaucoup à dire sur un album articulé autour de l’un des rites de passage de l’adolescence. Un rite des plus élémentaires. Pourtant, en devenant adultes, ils oublient peut-être ce que représente le permis de conduire et la sensation de prendre le volant pour la première fois. Destroyer saisit l’exubérance de ce jalon avec un style hétéroclite. Alors, en voiture !

À bientôt sur RefrainS.

C.

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Published in Articles Chroniques

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