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Ritchie Blackmore’s Rainbow au Vélodrome de Berlin : un Génial Retour aux Sources.

Rainbow a régalé un public venu du monde entier à Berlin. Pour la troisième année consécutive, offrant le meilleur des tubes de Deep Purple et de Rainbow, Ritchie Blackmore, le maître de la Stratocaster ? a démontré que la machine Hard Rock qu’il avait stoppée en 1995 était belle et bien toujours en marche. Elle fut cette année plus puissante que jamais…

Toute la nuit…

Les couleurs de l’arc-en-ciel ont retrouvé tout leur éclat ! Après deux ans de tournée à un très haut niveau, le premier single de cette nouvelle line-up de Rainbow, “Waiting For A Sign” , sorti au printemps 2018, en avait déjà bien annoncé la couleur : le jeu de guitare électrique du maître Blackmore tel qu’on l’a connu à l’âge d’or de Deep Purple et de Rainbow, dans les années 1970/1980 est de retour.

Ce concert fut ce signe que l’on attendait, et que l’on a perçu. Blackmore est bel et bien revenu au sommet ! Après deux dates en Russie, dont l’une ayant même attiré le premier ministre russe Dimitri Medvedev, et une en Finlande, Rainbow a donc posé ses valises, ses enceintes et ses guitares à Berlin. Rien d’étonnant pour le germanophile avéré qu’est Ritchie Blackmore, qui a vécu en Allemagne une partie de sa vie. Depuis 1997, c’est aussi là qu’il tourne presque exclusivement, tous les ans, avec Blackmores Night, le groupe de musique médiévale qu’il a formé avec sa compagne Candice Night. S’il a alterné entre les deux formations sur ces deux dernières années, Ritchie a décidé de concentrer ses efforts sur Rainbow en 2018, ce qui fut encore une fois, très largement perceptible sur le rendu de la magnifique performance qu’il nous a livrée…

Venus d’Italie, d’Espagne, d’Islande, d’Angleterre ou bien de France (Rock ’n’ Roll cocorico ?) les spectateurs du monde entier sont présents en masse pour se mêler au public allemand. Ils remplissent les 5000 places du Vélodrome qui affiche d’ailleurs complet. Dès le milieu d’après-midi, rassemblés à l’ombre devant les portes d’entrée, curieux comme puristes, tout le monde discute dans une ambiance bon enfant, chacun maîtrisant presque aussi bien l’alliance des langues que Ritchie l’alliance des styles.

À 18 heures, ouverture des portes. Une petite course à la meilleure place s’impose avant de poursuivre les discussions dans la fosse pour certains, d’aller boire une bière pour d’autres. La première partie rentre très tôt sur scène. Il s’agit de The Lords. Le groupe formé en 1959 enchaîne les quelques titres qui lui ont fait connaître ses heures de gloire dans les années 1960, notamment en Angleterre et en Allemagne : “Poor Boy”, “Glory Land”… avant d’entamer un medley de reprises des plus grands tubes du Rock ’n’ Roll. Un groupe oublié mais complètement dingue. À écouter de toute urgence !

Mais tout le monde est évidemment là pour acclamer l’un des plus grands guitaristes en activité, celui qui a permis de faire propulser au rang de star des David Coverdale ou Ronnie James Dio en tant que fondateur et guitariste légendaire de Rainbow et Deep Purple (le groupe fête d’ailleurs ses 50 ans) : Mr. Ritchie Blackmore ! S’il se fait attendre, c’est que le coup d’envoi est prévu à 21 heures. Et à 21 heures : rien ! Il faut encore attendre, se coltiner quelques chansons qui n’ont rien à voir avec ce que le public attend… Quand soudain retentit l’hymne “Land of Hope and Glory” !

Ritchie rentre sur scène, rapidement, humblement, pour d’abord aller saluer ses fans au 1er rang, chevauchant les photographes présents pour les 2 premières chansons (et pas plus, ils savent que « The Man In Black » les a toujours maltraités : au mieux un verre d’eau, au pire la caméra cassée à coups de guitare). Les dernières notes de l’hymne disparaissant, Ritchie recule vers le centre de la scène, et laisse éclater du son surpuissant de sa Stratocaster un tonitruant “Spotlight Kid”. Le son de la guitare est violent, hargneux, et domine le reste des autres instruments. Un délice. Ritchie, souriant, enchaîne alors les grands tubes ultra-mélodieux de Deep Purple et Rainbow, sans grande surprise mais pour le plus grand des plaisirs : “I Surrender”, “Man On Silver Mountain”, “Since You’ve Been Gone”, “Black Night”, chantés en cœur par le public, ou des titres plus lents, comme “Mistreated” ou “Soldier Of Fortune”, offrant un rythme soutenu à un concert d’une réelle qualité. Le seul point sur lequel ce dernier fut à désirer demeure la setlist, quasi-inchangée depuis 2016.

Il est fort aisé de constater que le jeu hard rock de Ritchie a encore et toujours plus regagné en fluidité ainsi qu’en harmonie, particulièrement dans les solos. Ce qui s’est avéré le plus éclatant fut surtout sa capacité technique et mélodique à improviser qu’on lui a toujours connue, improvisation poussée jusque dans la mise en scène, Ritchie allant jusqu’à s’offrir le luxe de s’agenouiller pour retourner sa guitare en la frottant sur le coin de la scène pour la faire brailler comme il le faisait si bien dans les années 1970. Ritchie Blackmore dans toute sa splendeur !

Pour ce qui est des musiciens, rien à redire. Tout le monde est en place. On sent que le groupe a gagné en assurance. Ritchie joue au chef d’orchestre, contrôlant ses musiciens, par l’intermédiaire de signes plus ou moins obscurs, tout en leur laissant la possibilité de s’adonner à des parties solos, parfois de quelques minutes, comme celle du claviériste Jens Johansson (ex-Yngwie Malmsteen, Stratovarius) : entre envolées classiques et retours à des sons très électroniques.

Taste the rainbow…

Ritchie a toujours su s’entourer des meilleurs, ou du moins de ceux qui répondent à ses exigences. Parce qu’on ne rigole pas avec la musique. Au chant, Ronnie Romero (Lords Of Black), sur scène comme un poisson dans l’eau, excelle, capable de chanter le répertoire complet des diverses formations qu’ont connues Rainbow et Deep Purple, tout en préservant son originalité vocale, située entre du Ronnie James Dio et du Freddie Mercury. Bob Nouveau (ex-Blackmore’s Night) assure les lignes et solos de basse, quand David Keith (Blackmore’s Night) maîtrise parfaitement sa batterie. Les choristes, Candice Night (Blackmore’s Night), et Christina Lynn (Blackmore’s Night), donnent de la puissance et du coffre à des morceaux tels que “Difficult To Cure” ou “Child In Time”. Le tout dans une mise en scène qui reste très sobre, malheureusement sans l’immense arc-en-ciel en LED des Memories In Rock 2016, que Ritchie nous aura presque fait oublier par cette démonstration mémorable de 2h15 de pure nostalgie, ravivant toujours plus les couleurs de l’éternel Rainbow…

Plus d’informations sur les pages de nos confrères de setlist.fm en cliquant sur le lien ci-après  ➥ Setlist du concert.

À bientôt sur Refrains.

P.

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