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Top 50 des Albums de 2018.

Plus que quelques heures avant le passage à la nouvelle année. 2018 a été une année riche en émotions. Tout va vite et l’année prochaine, il faudra déjà faire le bilan d’une décennie épique sur le plan musical. La créativité est partout. Elle prend de nombreuses formes et définit de nouveaux critères selon lesquels nous jugeons les sons qui nous accompagnent. 

Une fois encore, nous dressons un portrait musical de cette année particulièrement riche. En effet, beaucoup de disques ont été analysés, sélectionnés par nos soins avec le plus de recul possible. Certains des disques présents nous ont été soufflés par des collaborateurs, des contributeurs et surtout des ami(e)s qui ont tout simplement ajouté à ce classement leur pierre. Merci à ces précieuses âmes pour leur aide. Néanmoins, il a été très complexe parmi tous les disques sortis cette année d’en choisir 50, soit quasiment un par semaine. À raison de nombreuses écoutes, un élixir 2018, musicalement parlant ; s’est dessiné. C’est pourquoi et nous ne le rappelons à chaque édition ; le 50ème disque de ce classement n’est ni mauvais, ni un disque vacataire servant de remplissage pour donner un total tout rond, tout beau. Un enregistrement musical que nous écoutons ne nous donne évidemment pas seulement une distraction servant à meubler le silence. Des interprétations en ressortent. En bref ; nous nous sommes bien pris la tête pour composer cette liste. Ce Top 50 des Albums de 2018 est donc ; et nous tenons à le noter, “subjectif mais pas trop quand même”. Nous avons essayé d’être les plus proches de ce que nous pensions être des choix justes en faisant confiance à nos oreilles et faisant parler nos cœurs. 

À noter dans cette liste la présence de compilations, de lives et de bandes originales de films (BOF). Ils ne seront pas chroniqués pour des raisons évidentes de variété des titres.

Nous espérons que certains de ces disques vous seront inconnus et attendons vos remarques. Voilà donc de bien bonnes galettes à écouter pour débuter 2019 et terminer 2018. Bonne lecture avant de déboucher vos meilleures bouteilles au son de la musique que VOUS aimez. Rendez-vous dans un an, même date ; même heure. Nous sommes déjà prêts à rempiler pour le Top 50 des Albums de 2019 ! 

Nous vous souhaitons avec un peu d’avance ; une heureuse et belle année 2019 à toutes et à tous. Toujours en musique bien sûr. Allez, trêve de bavardages : place à la musique 🎼

50 – BOF – A Star Is Born.

49 – Underworld/Iggy Pop – Teatime Dub Encounters EP.

Ceci est un tout nouveau monstre né des frictions d’un besoin agité de créer, de l’abandon pur de faire ce qui lui plaît, et de la créativité de trois scientifiques fous qui ont encore beaucoup à prouver. D’autres membres de leur groupe peuvent choisir l’héritage périlleux de la sécurité. Ce n’est pas le cas de ces gars-là. Ces gars-là choisissent la vie et la prise de risque.

48 – Lucy Dacius – Historian.

Dans son deuxième album, l’auteur-compositeur de Virginie raconte une histoire sur la façon dont les gens se portent à travers le temps. Mais elle ne conçoit pas l’espoir comme une sorte d’optimisme ou de disposition au soleil. Elle y voit un rapport au temps, une manière de négocier avec le futur, un bateau pour avancer.

47 – Spiritualized – And Nothing Hurt.

And Nothing Hurt a rivalisé avec certains des écrits les plus émouvants et touchants de Jason Pierce de sa carrière à ce jour. Plein de colère et de désespoir face au monde qui l’entoure, la voix de Pierce a capturé l’émotion humaine à son niveau le plus vulnérable et le plus bas : « Vous devez prendre la douleur / Vous devez tout donner », il chante sur « The Morning After », l’une des pistes privilégiées de l’album.Malgré la douleur de Pierce, And Nothing Hurt est aussi un album qui trouve de l’espoir dans les endroits les plus sombres, capturant la résilience des humains et comment ils peuvent embrasser la peur de travailler à travers elle, malgré l’incertitude des temps que nous vivons.

46 – Chris Stills – Don’t Be Afraid.

À la recherche de réconfort après le désarroi personnel du divorce, Stills a recherché d’anciens collaborateurs, dont le producteur Dan Burns et son compagnon de groupe Zac Rae (Death Cab For Cutie), renouant également avec son ami de tournée, Ryan Adams. Il déclare : “Il y avait beaucoup de vie qui devait se passer – beaucoup de choses devaient aller bien pour que cet album puisse voir le jour. Comme tout le monde, j’ai eu des hauts et des bas dans cette affaire, mais je n’ai jamais cessé de faire ce que je fais. Certaines étoiles avaient juste besoin de s’aligner. Les chansons elles-mêmes sont une chronique honnête de divers moments de mon parcours actuel”.

45 – Israël Nash – Lifted.

Quand il s’appelait toujours Israel Nash Gripka, il pouvait jouer du troubadour Folk avec une acoustique aussi belle que n’importe quelle autre, mais la sortie de chaque album a été plus ambitieuse. “The Widow” se réfère à 1973, mais ce son peut trouver une place confortable à n’importe quel moment au cours des cinquante dernières années. Une réalisation impressionnante de nourriture spirituelle pour un album scintillant…

44 – Cullen Omori – The Diet.

The Diet bénéfici de chants subversifs : à mesure que l’album avance, la prédilection d’Omori pour le mi-tempo commence à prendre le dessus et une certaine uniformité de style, d’échelle et de sérieux s’installe. (Une grande exception est “Millennial Geishas”, qui trouve le Omori semi-japonais riffant insolemment sur les stéréotypes asiatiques: “Je veux entrer dans ton dragon / Tu veux sauter dans ton train”.) Mais à la clôture de “A Real You”, Omori se libère de toute idolâtrie évidente pour créer une berceuse baroque folk populaire qui réussit à décoller sans avoir à viser haut. Du limpide… C’est clair.

43 – Ace Frehley – Spaceman.

Spaceman est le huitième album studio du guitariste américain Ace Frehley, sorti le 19 octobre 2018. L’album présente une apparition en tant qu’invité de l’ancien membre du groupe Kiss d’Ace Frehley, Gene Simmons. Encore un album qui confirme sans aucun doute que Frehley a encore quelques craquements dans sa manche. Mais peut-être que ce voyageur intergalactique devrait ralentir et mâcher le crayon un peu plus longtemps.

42 – Justice – Woman World Wide.

41 – Various – Confessin’ The Blues.

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40 – Kanye West – I Hate Being Bi-Polar Its Awesome.

C’est une drôle d’année pour les fans de Kanye West. Une visite à la Maison Blanche, une surabondance d’albums produits par Kanye à approfondir. Et parmi ces albums, le disque solo de Kanye est représentatif de la majorité. C’est un album patchwork, rassemblé à la hâte, court (sept titres) qui contient des paroles troublantes (notamment celles de “I Thought About Killing You”). Pour un artiste que nous nous attendons à établir l’ordre du jour pour l’avenir, le disques a été considéré comme un raté. Mais il essaye encore une fois. Il y a beaucoup de choses dans ce disque. Bizarrerie qui suggère que Kanye l’a encore la flamme, et il explore d’une certaine façon sa propre santé mentale d’une manière très personnelle : “J’aime tes nichons parce qu’ils prouvent que je peux me concentrer sur deux choses à la fois”, il rappe, par exemple. Le 7 titres comporte même la chanson de l’année… Ah non. On me dit à l’oreillette que Paul McCartney a écrit “Despite Repeated Warnings”. Kanye, continue à raconter des histoires. Ce qui compte, c’est la façon dont tu le fais.

39 – The Good The Bad And The Queen – Merrie Land.

Damon Albarn a reconstitué le groupe 10 ans après leurs débuts, attirant cette fois l’attention sur l’identité nationale et, par extension, sur le Brexit, bien entendu. Leur retour ne pouvait pas être mieux planifié.

38 – Unknow Mortal Orchestra – Sex And Food.

Le quatrième disque de UMO, qui explore les limites de son son, est un sacré voyage entre extrêmes. Venez vous frotter à la crasse et à la fureur de la “culpabilité américaine” grondante et cinglante, avec un riff de pétards si sale qu’il ferait courir Jack White à la douche. Si vous aimez cela, essayez le Rock Psycho de “Major League Chemicals”. Restez à l’écoute pour la sensation estivale et douce de “Hunnybee” ou pour la disco-end-jam qui termine l’ensemble. De la romance à la colère en passant par tous les arrêts, c’est un album animé par l’instinct.

37 – Superorganism – Superorganism.

Le premier album de la troupe internationale – enregistré dans la maison des sept musiciens de l’est de Londres – est un mélange de bruits de dessins animés, de mélodies Pop flottantes et de dynamisme juvénile. Le nouveau Gorillaz ?

36 – Gorillaz – The Now On.

Après sept ans d’absence, l’idée originale de Damon Albarn est revenue avec le dense et tentaculaire “Humanz”. Alors – surprise! – The Blur Man a de nouveau frappé à la porte du studio pendant la pause, alors que le groupe tournait rapidement pour transformer son sixième album, “The Now Now”, 14 mois plus tard. Loin des morceaux et des enregistrements de l’heure du déjeuner, le disque au titre judicieux dépouille l’approche prédominante de son prédécesseur pour offrir une voie plus directe au cœur du génie de la pop douce et “évitante” d’Albarn.

35 – The Coral – Move Trough The Dawn.

Il n’y a rien ici qui pousse la musique Pop et la met en avant. Ce disque ultra-coloré, c’est un autre bel effort solide de l’un des groupes les plus durables de Grande-Bretagne. Le groupe a touché à tous les styles : du bizarre Folk dit “Wirral” à la musique “Funk cosmique” et même des chansons sur les asticots. Tout ici est de l’ordre de la défonce dans une certaine allégresse. On prend. Big up au lion qui trône à leurs côtés sur la pochette de cet album en forme de rugissement… Rrooaarr !!

34 – The Jones – Silver Faces.

Écouter le disque de The Jones, c’est vraiment comme prendre une cure de dynamite dans la tête. Bien que ses musiciens revendiquent et arborent un côté à l’ancienne nous ne sommes pas du tout dans une caricature. Nous sommes dans le vrai et c’est forcément le bon chemin à suivre.

33 – They Call Me Rico – Sweet Exile.

Avec son doux exil, They Call Me Rico propose un disque de Blues Rock très surprenant.
L’ex solitaire nous embarque dans un voyage aux teintes superbes, avec des mélodies qui nous rappellent parfois les bandes originales de vieux films de cowboys surannés que l’on se surprend à vouloir visionner à nouveau. Nous avons vraiment aimé cette patine qui donne tant de relief. Le disque respire sans être une caricature du Blues répétitif. De la surprise, vous en voulez ? En voici.

32 – Judas Priest – Firepower.

Après près de cinq décennies de livraison des marchandises, Judas Priest aurait pu se faire une réputation sur un nouvel album, mais ils sont toujours à l’écoute du métal moderne. Ils ont créé un disque qui peut, en toute confiance, accompagner leurs œuvres les plus estimées sans paraître daté ou ressembler à une auto-parodie. Nous pouvons passer les cinq prochaines décennies à débattre de la puissance du feu. Mais pour l’instant, la Hell Patrol chevauche toujours. En mode gardien du Heavy Metal !

31 – Father John Misty – God’s Favourite Customer.

2018 a été l’année où tout a pris la forme d’une poire pour Misty – du moins thématiquement. “I Love You, Honeybear” de 2015 était un hommage chargé à la romance et “Pure Comedy” de 2017, un traité épique sur la vie elle-même, le quatrième disque de l’auteur-compositeur-interprète chamanique était une rupture (at)tendue. Le son est familier. Il mentionne cependant son intention d’avoir un animal de compagnie nommé Jeff, alors ce n’est pas si mauvais. Nous ne savons pas trop où il veut en venir avec son “Le meilleur client de Dieu” mais quelque chose nous dit qu’il y a là une histoire de conversation avec le prophète.

30 – Lomepal – Jeannine.

Le défi du second album est souvent compliqué à relever pour un artiste. Attendu au tournant après un excellent premier essai, Lomepal semble avoir réussi son pari. Un album complet, introspectif, mais surtout différent du premier opus. S’épanouir au sein de « la machine », métaphore désignant la société, tout en étant différent des autres, constitue le thème principal du disque. Il est même possible d’appliquer cela à l’artiste en lui-même. Bien aidé par d’excellents featurings, Antoine Valentinelli – de son vrai nom – est un artiste singulier dans le paysage Rap français et apparaît à l’aise dans des morceaux aux univers différents de ceux qui figuraient sur son précédent album. De la à « devenir l’artiste le plus puissant de France » ? La route est en tout cas encore longue… Affaire à suivre.

29 – Michel Polnareff – Enfin.

Michel Polnareff sait se faire désirer. Enfin ! porte si bien son nom. Et quelle réussite. Un disque ambitieux absolument pas formaté pour des retrouvailles étonnantes où nous nous rendons compte que même si les apparences sont trompeuses, rien n’a changé. C’est comme cette copine que tu as aimée au lycée, qui revient dans ta vie et dont tu t’aperçois que tu en es toujours amouraché. C’est ça la musique de Polnareff… C’est un perpétuel retour tout en envolées à ce piano virtuose qui parsème ça et là un album où Chopin se mêle à Radiohead… L’attente était un peu longue pour un ensemble si court et même, les moyens dépensés semblent vraiment mais alors vraiment exagérés. Justifié. Nous dirions “Oui ! N’est pas l’Amiral qui veut”.

28 – Marcus King Band – Carolina Confessions.

La “bande” de Marcus King tire de façon précise sur tous les cylindres à travers ce disque. King est incroyablement doué en tant que chanteur, auteur-compositeur et musicien, tandis que ses compagnons de groupe travaillent ensemble pour offrir le plus haut calibre de jeu avec cohérence. Ils ont tissé une tapisserie homogène de chansons qui racontent une histoire d’amour pour le Vieux Sud et la tristesse de se sentir obligé de l’abandonner. À 22 ans, Marcus King – et le MKB – ont écrit un classique moderne.

27 – Kurt Vile – Bottle It In.

Le doux maître continue son errance en toute liberté avec ce long et languissant album de chansons Rock inspirées de manière audacieuse par des voyages sans soucis en famille. Le son est caractéristique de Kurt sans agression mais très ronronnant. Un excellent disque pour prendre la route direction la maison de campagne. Bises.

26 – Travis Scott – Astroworld.

Lorsque vous publiez un disque aussi amusant que « Astroworld », alors vous avez sûrement le droit de transformer votre spectacle en un véritable parc à thème, n’est-ce pas? L’installation de montagnes russes de Travis Scott attire actuellement des auditoires partout en Amérique du Nord alors que le rappeur poursuit son Annus Mirabilis, qui l’a également vu co-titre Reading & Leeds et accueillir sa première fille, Stormi Webster, avec Kylie Jenner. Le succès de « Astroworld » vivra longtemps dans la mémoire, mais de palpitantes collaborations avec des gens comme Frank Ocean et Tame Impala à la puissance psychédélique de coupures comme « Stargazing », c’est un album qui ne cesse de donner. Attachez-vous à cette ballade sauvage.

25 – Nine Inch Nails – Bad Witch.

Avec les nuances du défunt ami et mentor de Trent Reznor, David Bowie, cette conclusion d’une trilogie d’EP couvre toutes les facettes de NIN. Que ce soit des sons sonores industriels, des paysages sonores vastes et élancés, en passant par le Free Jazz et la musique électronique mutante, c’est le son d’un groupe en révolution constante.

24 – Kelley Stoltz – Natural Causes.

Avec Natural Causes, Stoltz a encore une fois démontré que pour s’appuyer sur des influences musicales, il fallait non seulement une connaissance approfondie, mais également une compréhension profonde des sources et des racines de chacun. Ce qui en faisait le seul moyen de transcender ses propres influences et de proposer quelque chose, comme le ferait Captain Beefheart mais cette comparaison avec Beefheart est strictement personnelle.

23 – José James – Lean On Me.

Déjà connu pour ses production nettes et de qualité ainsi que pour sa musicalité astucieuse et ses présentations éclectiques, José James livre son hommage à Bill Withers. L’album réaffirme l’attention particulière de James sur le style, tout en affinant son exploration des subtilités des relations humaines.

22 – BOF – Bohemian Rhapsody.

21 – Blood Orange – Negro Swan.

Le quatrième projet de Dev Hynes, Blood Orange, a poursuivi sa belle série d’innovations, et « Negro Swan » nous a permis de voir son créateur sur ses aspects les plus franches et intimes. Les 16 morceaux du disque comprennent des invités éminents (Puff Daddy, A$AP Rocky, Steve Lacy), des musiques autobiographiques (« 16-year-boy / Confused et sachant qu’il est différent qu’il veut donner / After school, sucker-punched down / Down and out », il se rappelle dévastatement sur ouvreur « Orlando ») et ce que la revue cinq étoiles de NME appelait une « approche fragmentaire [à] de la musique : [Hynes] cherrry-picks jazz, guitare non structurée et collaborateurs… pour créer des couches nourrissantes de pop mélancolique de R&B.” Un travail magnifique !

20 – Johnny Hallyday – Mon Pays c’est l’Amour.

Mon Pays c’est l’Amour se termine sur un titre dans lequel Hallyday tire le rideau d’une manière bouleversante avec ces paroles : “J’aurais voulu rester pour le pire, le meilleur mais je ne suis qu’un homme”. La sortie est une fois de plus très impressionnante, d’une lucidité lumineuse. Le sentiment qui nous habite est celui d’un dialogue entre l’idole des jeunes, le diable et nous. 11 chansons dont un interlude instrumentale pour faire le bilan et se rappeler à quel point des gens comme Johnny Hallyday incarnaient la vie dans ce qu’elle a de plus intense et de passionné.

19 – Kamaal Williams – The Return.

The Return est une évolution naturelle du projet Yussef Kamaal. Elle mêle certes, l’influence du Jazz visionnaire dont il faisait preuve sur Black Focus mais, mélange ces vibrations à toutes sortes de textures, de sons et de signaux provenant des rues trop saturées de Londres. Ils sont seulement trois musiciens avec un schéma tout à fait classique (claviers, batterie et basse) pour créer les formidables mélodies qui figurent sur ce disque.

18 – Flavien Berger – Contre Temps.

Flavien Berger mène ses mélodies avec précision. Avec Contre-temps, titre du nouvel album, le scénario est calculé : 13 chansons marquer le temps, comme le nombre de lunaisons. Le 9 reproduit 9 fois comme dans une de ses nouvelles chansons marque cette aspiration à la fois à la vérité et à l’unité. C’est tout ce que raconte ce nouvel opus qui touche aussi au cosmos. Flavien Berger dit imaginer ses disques “comme des récits d’aventure où l’empreinte fantastique, science fictionnelle est toujours là”. 

17 – Beach House – 7.

Beach House a qualifié l’ambiance de 7, le septième album du groupe, de «pré-apocalyptique», ce qui semble être une manière appropriée de décrire les diverses dévastations et les sombres présages de 2018. Comment une personne continue-t-elle, sachant que le présent chemin pourrait très bien finir en ruine ? 7 suggère de se diriger vers l’inconnu de la manière la plus glamour possible. Ce disque contient l’esprit de 1999 de Prince, filtré sur un synthétiseur palpitant et joué seulement au crépuscule, juste au moment où la température commence à baisser et que les étoiles commencent à maculer l’horizon. Les synthétiseurs et les guitares à couches agressives construisent un mur de son à la fois puissant et enveloppant. La voix menaçante de Victoria Legrand exprime une vague mélancolie, mais elle est également remplie d’espoir : personne ne sait, après tout, ce qui pourrait se passer ensuite, et dans ces moments sombres, tout est encore possible.

16 – Tom Misch – Geography.

Vous avez peut-être entendu parler de lui à partir de ses mélanges et remixes Soundcloud ou du fait qu’il s’est glissé dans les charts Top Ten du Royaume-Uni plus tôt cette année avec son premier album en studio. Au bout de l’onde schmaltzcore, également servie par des gens comme Rex Orange County et Matt Maltese, Misch marie sa voix rêveuse avec de la guitare jazz, des battements hip hop, des crochets pop et des vers invités de GoldLink sur ‘Lost In Paris’ et Loyle Carner sur ‘Water Baby’.« Geo-Gra-pheee » (comme Misch croons) pourrait être le début de sa prise de contrôle soft-pop.

15 – Greta Van Fleet – Anthem Of Peaceful Army.

Les rockeurs du Michigan sont peut-être le nouveau groupe de Rock le plus important d’Amérique, et leur premier album éreintant a réussi l’impossible : plaire aux vieux fans de Led Zep’ tout en attirant une nouvelle vague de jeunes fans.

14 – Masana Temples – Kikagaku Moyo.


En tant que groupe, Kikagaku Moyo a créé un son identifiable qui lui est automatiquement associé. Leur dernière version, “Masana Temples”, est tout ce que vous attendez d’eux, une collection de belles musiques qui plongent dans de nombreux domaines musicaux. Cithares à l’appui mesdames, messieurs…

13 – Courtney Barnett – Tell Me How You Really Feel.

Bien que sa musique soit communément appelée le “Slacker Rock”, les paroles de l’auteur-compositeur-interprète australien, qui font revivre les névroses et l’anxiété, transportent bien bien loin… Le son est toujours très roots, brut. Les compositions, parfaites. Courtney Barnett, un nom à retenir concernant l’avenir du Rock’n’Roll. Quel frisson.

12 – Steven Wilson – Home Invasion.

11 – Deafheaven – Ordininary Corrupt Human Love.


Avec leur quatrième album de studio, les métallos californiens Deafheaven ont embrassé la mélodie comme jamais auparavant. Certes, le premier disque de métal noir adjacent qui ne sonnerait pas hors de sa place aux bals, les « Canary Yellow » et « Honeycomb » sont autant de preuves dont vous aurez besoin pour prouver la valeur du métal dans l’arène critique. Un périple gigantesque et magnifique à travers l’anthémie souillée, les complexités classiques et les explosions post-rocheuses, tout enveloppé dans le chant de banshee de George Clarke, « Ordinary Corrupt Human Love » était l’un des plus beaux et corsés de 2018.

10 – Fantastic Negrito – Please Don’t Be Dead.

Globalement, la force de cet album réside dans ce qui se cache sous les buissons. C’est la musique des racines Blues et Black, qui est vraiment la terre, les racines et le sol de la plupart des musiques américaines modernes. Fantastic Negrito fait quelque chose de tout à fait unique en injectant cette musique ancienne et cultivée dans sa propre forme, et en la transformant en une nouvelle.

9 – Jonathan Wilson – Rare Birds.

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Il serait trompeur de prétendre que Wilson a rompu ses liens avec le Soft Rock. Parfois, comme dans l’anodine “Living With Myself”, il est un peu trop mou. Mais Rare Birds est tentaculaire, riche et, en gros, un triomphe. Son état d’esprit cosmique et sa concentration sur le détail qui insuffle un drame dans ses chansons pourraient sembler périmées entre de mauvaises mains. Que nenni. Ce disque est un aller-retour dans les années 70 et s’écoute avec aisance en toute situation. Preuve que le futur réside aussi dans le passé.

8 – Lenny Kravitz – Raise Vibration.

Lenny Kravitz est toujours d’actualité. Cette année, il a même été plus ou moins indispensable… Il pose avec Raise Vibration un vrai pavé. Pas un album de poseur, quoi ! Le son des titres est très très brut et les guitares sont à la fois Glam et Funk. Quelle ambiance… Bien sûr, il est aidé par près de 30 ans de carrière. Kravitz sait comment sculpter non seulement des sons, mais aussi un album cohérent. Ce genre d’assurance professionnelle, combinée à ses croyances hippies sincères, fait de Raise Vibration une écoute ensoleillée et affirmée. P.S. “Low” défonce la tronche !

7 – Cat Power – Wanderer.

Chan Marshall a sorti un des grands tours de l’année sur Wanderer, son premier album en six ans. Rarement cette musique bien construite sonnait si sans effort, comme soufflée par le vent plutôt que cousue ensemble dans le studio. Le son chaleureux de Wanderer est composé de coups de voix tendres, de guitares sourdes et de piano étouffé. C’est un triomphe d’introspection tranquille et de retenue musicale, un disque envoûtant qui fonctionne sa magie par un tour de main. Nous sommes amoureux de Chan Marshall. Tant d’années que nous la suivons. Avec ce dixième opus, ça ne va pas aller en s’arrangeant. Les chansons sont complexes, frappantes, mais discrètes : la constante référence au mouvement semble être autant en rapport avec la détermination de l’artiste à suivre sa propre voie et ce, quelles que soient les attentes des autres. Wanderer est calme. Il y a de la confiance dans ce disque, ce qui donne aussi à penser que Chan sait exactement où elle veut être et aller.

6 – The Limiñanas – Shadow People.

Les perpignanais nous apportent un album sans filtre à l’énergie garage intimiste. Il y a un pacte avec le mélomane. Tout le monde est ici gagnant-gagnant. Au pire, le débutant ne comprendra pas mais aura l’impression d’avoir fait autre chose que de perdre son temps à chercher de quoi s’occuper. L’amateur éclairé saura reconnaître un langage familier fait de vibrations hautement addictives. Et ce son. Mais comment font-ils ? Les guitares sont parmi les plus belles du Rock Garage des 10 dernières années… Shadow People ou l’impression de se faire un film sans l’image… Mais en avons-nous vraiment besoin ? The Limiñanas, clairement et sans doute le groupe de Rock Garage le plus reluisant de France.

5 – Elvis Costello & The Imposters – Look Now.

Pendant son exil de studio qu’il s’est imposé, Costello a continué à écrire, ce qu’il a prouvé avec de nouvelles chansons au cours de chaque tournée. Il a également gardé l’œil sur l’autre scène. Il a eu deux projets théâtraux avec Burt Bacharach – l’un basé sur leur album de 1998, Painted From Memory, l’autre sur un nouveau concept – et a travaillé sur une adaptation musicale de A Face in the Crowd. En raison de la complexité du financement de Broadway, aucune de ces solutions n’a abouti, mais leurs pièces sont, en partie, le fondement de Look Now. C’est un triomphe pour Costello, une vitrine sur la façon dont il peut animer une maîtrise de la forme avec un œil dramatique. C’est tout sauf une imposture.

4 – Slash Feat. Myles Kennedy And The Conspirators – Living The Dream.

Quand l’album se termine avec la bouffée nostalgique de l’anxiété chez les adolescentes sur Boulevard Of Broken Dreams, vous avez l’impression que ce disque emmène les protagonistes et l’auditeur à travers les méandres de la vie et les détours, le tout sans aucune rancune, juste une combinaison de plaisir et de regret. C’est ce qui rend le rêve si compulsif. Slash sera certainement l’un des seules guitaristes de l’histoire du rock à vraiment arrivé à se détacher du groupe auquel il appartient. Et ce n’est pas une mince affaire lorsqu’il s’agit des Gun’s N’ Roses…
Il s’agit d’un album de Rock, certes, comme nous en avons chaque année, mais ce dernier apporte une touche subconsciente qui fait de véritables ravages.

3 – The Sheepdogs – Changing Colors.

Sorti dans les bacs le 2 février, Changing Colors est une des plus belles surprises de l’année dans la galaxie Rock. Le groupe The Sheepdogs nous offrent un opus riche avec une musique pourtant relativement simpliste. Simpliste vraiment ? Le groupe agrémente ce son Blues d’un filtre sonore composé d’orgue Hammond et d’autres subtilités qui nous rappelle le meilleurs des Doors. Malgré ces quelques artifices l’album n’en demeure pas moins mesuré, il colle véritablement au Blues Rock et ses genres proches comme le Rock dit “sudiste”. Il est agréable d’entendre un son aussi brut et sans surcharge d’effets intempestifs. Un retour à un Rock conventionnel pur et élaboré sans toutefois demeurer impersonnel grâce à la “couleur” Sheepdogs.

2 – The Lemon Twigs – Go To School.

Il ne s’agit que de leur second album… Pourtant The Lemon Twigs est un groupe qui côtoie déjà les sommets. Après Go Hollywood en 2016 qui nous apportait un vent de fraîcheur rétro-pop novateur, les deux (très) jeunes frères de Long Island persistent à nous surprendre avec cet album comédie musicale mettant en scène un singe élevé par des humains et qui se retrouve sur le chemin de l’école.
Le groupe nous émerveille encore par son étonnante maturité, une production de qualité dont bien des groupes plus expérimentés ne sont pas capables, et des titres d’une richesse mélodique, n’ayons pas peur de le dire, digne des Mercury, Lennon ou bien encore Elton John…
Tout en alternant les ballades les plus douces et les rocks les plus violents, Go To School montre la voie aux jeunes comme aux anciens, de la survie du Rock’n’Roll.

1 – Paul McCartney – Egypt Station.

Que faut-il attendre d’un album de Paul McCartney en 2018 ? Un bon morceau Rock pour la scène ? Une ballade sympathique ? C’est une recette qui fonctionne depuis 20 ans pour l’ancien membre des Beatles, mais Egypt Station va au delà des habitudes du garçon dans le vent. Depuis la séparation des Beatles en 1970, McCartney a eu plus de 4 décennies pour nous démontrer que nous pouvons à la fois être et avoir été. Il a été le membre du plus grand groupe de musique de tout les temps, un songwriter de qualité en solo mais aussi au sein de son second groupe : Les Wings… Mais qu’est ce qu’il peut bien avoir encore à prouver ? La réponse est tout simplement que son génie demeure intact et inchangé. Le fan des Beatles ou des Wings ne doit pas s’attendre à retrouver ici la musique du Paul d’il y a 40 ou 50 ans, mais plutôt celle d’un homme, qui se tient au courant de ce qui se fait aujourd’hui, et qui parvient à nous produire un album conceptuel liant la naïveté de “People Want Peace” avec explosibilité des causes défendues par l’artiste dans “Who Cares” et “Despite Repeated Warnings”, à savoir le harcèlement à l’école et la cause du climat. Paul McCartney a créé la Pop musique.
En tout cas, force est de constater qu’il n’a pas son pareil dans le cheminement musical de Paul et que ces nouveautés autant dans l’esprit que dans le son nous prouvent une fois de plus qu’il est incontestablement le plus grand compositeur de musique populaire sur cette Terre et ce pour longtemps encore.

Pour conclure en quelques mots : 2018 a été une année riche en nouveaux albums et nous sommes très pressés de voir ce que nous réserve 2019. Comme à chaque fois, nous vous remercions de nous avoir lus. Rien que le fait que vous ayez pris du temps pour regarder ce long classement nous fait chaud au cœur. Nous espérons que vous avez apprécié ce travail réalisé avec une passion. Nous sommes sûrs que vous avez trouvé quelque chose à écouter parmi tous ces disques, ne serait-ce qu’une petite chanson par-ci, par-là. Allez, il nous faut nous préparer pour réveillonner car dès demain, tout ça reprend. La musique n’attend pas. À l’année prochaine avec d’ailleurs quelques projets. En vous souhaitant “le meilleur sinon rien” ; n’oubliez pas qu’il y a toujours un refrain qui vous trotte dans la tête.

Musicalement.

La rédaction.

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